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François Couperin François Couperin
Les Concerts Royaux

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Liste des pièces

Le Concert des Nations
Marc Hantï traverso , Alfredo Bernardini hautbois, Manfredo Kraemer violon, Josep Borràs basson, Bruno Cocset basse de violon, Xavier Díaz-Latorre théorbe et guitare, Guido Morini clavecin,

Jordi Savall base de viole & direction

. Date et lieu d'enregistrement : en l'Abbaye de Saint-Michel en Thiérache (Aisne, France)  du 6 au 10 Septembre
. Formats disponibles : CD & SACD Hybrid Multichannel Stereo
. Langues du livret : Français, English, Castellano, Català, Deutsch, Italiano
. Date de parution : 01/01/2005


François Couperin
Les Concerts Royaux 1722

Premier Concert
- Prélude (Gravement)
- Allemande (Légèrement)
- Sarabande (Mesuré)
- Gavotte (Notes égales et coulées)
- Gigue (Légèrement)
- Menuet en trio

Second Concert
- Prélude (Gracieusement)
- Allemande fuguée (Gayement)
- Air tendre
- Air contre fugué (Vivement)
- Echos (Tendrement)

Troisième Concert
- Prélude (Lentement)
- Allemande (Légèrement)
- Courante
- Sarabande (Grave)
- Gavotte
- Muzette (Naïvement)
- Chaconne lègere

Quatrième Concert
- Prélude (Gravement)
- Allemande (Légèrement)
- Courante françoise
- Courante à l’italiene
- Sarabande (Très tendrement)
- Rigaudon (Légèrement et marqué)
- Forlane. Rondeau (Gayement)

Le Concert des Nations

Marc Hantï traverso , Alfredo Bernardini hautbois, Manfredo Kraemer violon, Josep Borràs basson, Bruno Cocset basse de violon, Xavier Díaz-Latorre théorbe et guitare, Guido Morini clavecin, Jordi Savall base de viole & direction

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Considéré comme l'un des plus grands compositeurs françai de son temps, François Couperin (1668-1733) reçoit en héritage à la mort de son père la charge d’organiste de l’Eglise de Saint-Gervais ; il a alors 11 ans. Il n’occupera le poste qu’en 1685, l’orgue étant tenu dans l’intérim par Michel Richard de Lalande. Il est ensuite nommé organiste de la Chapelle Royale en 1693 et reçoit le titre d’organiste du Roi Louis XIV, puis celui de claveciniste de la chambre du roi. Professeur de musique de nombreux membres de la famille royale – dont le Dauphin (le Duc de Bourgogne) –, il jouit des faveurs du roi pendant de nombreuses années.

Ses Concerts Royaux, composés en 1714-1715 (et publiés en 1722) pour le Roi Soleil au crépuscule de sa vie, sont donnés le dimanche dans les appartement s royaux. En ce début de 18e siècle, la France se situe de plain-pied dans le Grand Siècle déclinant ; le peuple souffre, la Cour de Louis XIV cherche à retarder une décadence qui se profile à l’horizon. La grande période des Molière, Lully, Charpentier, Marais est en train de disparaître et une nouvelle génération se dessine, celle des Lalande et Couperin. Comme il l’indique lui-même dans la préface : « ces pièces conviennent au clavecin, mais aussi au violon, à la flûte, au hautbois, à la viole et au basson. Je les avais faites pour les petits concerts de chambre ou Louis quatorze me faisait venir presque tous les dimanches de l’année. (…) Si elles sont autant du goût du public qu’elles ont été approuvées du feu-Roy, j’en ai suffisamment pour en donner dans la suite quelques volumes complets. » (traduit en français moderne). Ce sera chose faite puisque après ces quatre Concert Royaux, Couperin publiera en 1724 les Goûts Réunis, qui complèteront ces quatre premières suites.

Couperin laisse donc libre l’instrumentation relative à chaque pièce. Pour chacun des quatre Concerts, Jordi Savall fait un choix d’instruments différenciés qui apportent la meilleure expressivité et une plus grande définition de leur caractère musical propre. François Couperin délaisse ici le goût italien de ses débuts pour revenir à un style plus français. Musicien-poète par excellence, Couperin use d’un langage musical fait d’éléments toujours subtils, d’un amour du détail et de la précision, de l’obsession pour l’exactitude des nuances.

Jordi Savall et les musiciens du Concert des Nations rendent parfaitement l’intimité de cette musique et sa profonde dimension poétique.

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Après avoir abordé les « Pièces de Viole » (1728), « Les Nations » (1726) et « Les Apothéoses » (1724) de François Couperin, que nous avions enregistrées en 1976, 1985 et 1986 respectivement, nous présentons ici l’interprétation de ces « Concerts Royaux » pleinement conscients des responsabilités dont le compositeur fait de l’interprète le dépositaire. S’il est vrai qu’il nous précise que ces pièces « sont d’une autre Espèce que celles que J’ay données jusqu'à présent » et s’il ajoute qu’ « Elles conviennent non seulement au Clavecin ; mais aussy au violon, a la flute, au hautbois, a la viole, et au basson », il laisse complètement ouverte l’instrumentation relative à chaque pièce ou Concert. Couperin nous dit : « Ces pièces étaient exécutées par Messieurs Duval, Philidor, Alarius, et Dubois : j’y touchois le Clavecin ». Il serait vain d’imaginer qu’on puisse retrouver davantage de précisions que celles concernant les instruments indiqués dans sa préface, outre les fonctions des musiciens cités par Couperin lui-même. C’est dans cette perspective que nous avons repensé l’instrumentation de chaque Concert, avec un choix d’instruments différencié les rendant capables d’apporter la meilleure expressivité et la plus grande définition de leur caractère musical :
PREMIER CONCERT (en Sol majeur et mineur) : avec le Hautbois et le Basson, le Violon, la Basse de viole et la Basse de violon
SECOND CONCERT (en Ré majeur et mineur) : avec la Basse de viole, le Violon et la Basse de violon
TROISIÈME CONCERT (en La majeur et mineur) : Flûte, Violon, Basse de viole et Basse de violon
QUATRIÈME CONCERT (en Mi majeur et mineur) : avec tous les instruments réunis pour le Prélude, le Rigaudon et la Forlane, et séparés pour les différentes danses : Hautbois et Basson (Allemande), Flûte et Basse de viole (Courante Françoise), Violon, Basse de viole et Basse de violon (Courante à l’italiene), Flûte et Violon, avec la Basse de viole et la Basse de violon (Sarabande)
Le continuo est toujours réalisé par le Clavecin, le Théorbe ou la Guitare, ensemble ou séparément.

Les années 1714 et 1715, où Couperin composa les « Concerts Royaux », se situent de plain-pied dans ce « Grand Siècle » qui entre en crise et peu à peu se décompose. Molière, Lully, Charpentier sont morts, le peuple souffre d’une misère affreuse, et dans la plus grande indifférence, la Cour de Louis XIV cherche à retarder une décadence qui se devine et se propage. Racine, La Fontaine, Bossuet, La Bruyère, Marais montrent leurs derniers feux, tandis que s’installent les nouveaux grands de cette période ; La Lande, Girardon, Le Sage et Couperin lui-même, qui abandonne le poste d’organiste à la Chapelle du Roy en 1715, à la mort de Louis XIV.

Malgré son grand prestige, que savons-nous de l’homme Couperin ? Son visage carré, au regard lucide, son expression presque sévère, ne nous disent pas beaucoup sur son caractère ; restent seulement sa musique toujours sublime et ses écrits qui montrent un langage littéraire un peu limité, mais toujours une pensée intelligente et d’une grande finesse d’esprit : « Je demande grâce à Messieurs les puristes et grammairiens pour le style de mes préfaces : j’y parle de mon art, et si je m’assujettissais à imiter la sublimité du leur, peut-être parlerais-je moins bien du mien ».

Couperin est le musicien-poète par excellence, qui croit en la capacité de la Musique à s’exprimer avec « sa prose et ses vers ». Son amour du détail et de la précision, l’obsession pour l’exactitude des nuances, vont de pair avec son refus de l’Opéra, ou des grandes masses orchestrales. Son langage est néanmoins fait d’éléments toujours très subtils et grandement subjectifs malgré leur précision, ce qui lui fait dire : « Il y a, selon moi, dans notre façon d’écrire la musique, des défauts qui se rapportent à la manière d’écrire notre langue ; c’est que nous écrivons différemment de ce que nous exécutons ». Ce qui explique aussi la légende « d’œuvres de circonstance », qui a marqué ces « Concerts Royaux », puisqu’ils furent composés pour le Roy Soleil au crépuscule de sa vie. Mais au contraire, si on entre dans sa profonde dimension poétique, on découvre qu’ils sont porteurs d’une grâce qui est, « plus belle encore que la beauté... ». La beauté, comme dit La Fontaine, force à l’admiration, alors que la grâce s’insinue dans l’âme pour la faire vibrer pleinement. C’est bien aussi l’essence de la pensée de Couperin qui se résume en cette phrase : « J’avouerai de bonne foi que j’aime beaucoup mieux ce qui me touche que ce qui me surprend. »

JORDI SAVALL
© Alia Vox 2005


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